Styles de karaté

Plusieurs écoles ou styles différents se sont créés au cours du XXe siècle. Ils varient tous les uns des autres, dans bien des domaines : frappes, positions de combat, utilisation d’armes, applications martiales…

Les quatre grands styles officiels du karaté sont : le Shōtōkan, le Gōjū Ryu, le Wado Ryu et le Shito Ryu. Toutefois, au cours de l’histoire, nombre d’écoles ont été créées et ont grandi avec plus ou moins de réussite.

À part le Gōjū Ryu, tous les autres styles, sans exception, sont issus du Shōrin Ryu de Sōkon Matsumura.

Bien qu’aujourd’hui il y ait beaucoup de différents karatés pratiqués en tant que sports, à l’origine il n’y en avait qu’un seul et unique. Le Premier Karaté ou Traditionnel (karate-dō) était le karaté « original », auquel ces différents sports, qui sont arrivés plus tard, ont emprunté le nom « karaté », comme il est généralement et largement utilisé aujourd’hui.

Après la Seconde Guerre mondiale, la valeur du karaté pour l’autodéfense, la forme physique, la compétition et le développement général mental et physique est devenue de plus en plus reconnue. Cependant, en tant qu’art martial, le karaté nécessite de longues études approfondies. La pratique du karaté allait connaître un boom de popularité, et les exigences de longues études approfondies finirent par être ignorées à cause de la demande du monde d’aujourd’hui, qui veut des résultats et un développement plus rapides.

La conséquence a été l’apparition de beaucoup de nouveaux sports utilisant le nom de karaté. Pour éviter la confusion avec ces récents enseignements, le public a commencé à distinguer le karaté originel en tant que « karaté traditionnel ».

Shōtōkan Ryu

Shō : le pin du Japon ;
Tō : L’énergie mouvante de l’océan ;
Kan : la maison.

Funakoshi Gichin (1868-1957), père du style Shōtōkan.

Shōtōkan-ryū, l’école de « la maison de Shoto », Shoto étant le nom de plume de Gichin Funakoshi : style de karaté japonais fondé en 1938 et issu du Shorin Ryu d’Okinawa introduit par Funakoshi père.

Né en 1868, Funakoshi vécut dans le district de Yamakawa-Chô sur l’île d’Okinawa. L’ère Meiji débutait, l’homme était alors très cultivé et de surcroît poète. Sensible au code moral de ses ancêtres, il observait rigoureusement les interdits d’autrefois, et considérait au vu de ces principes que le samouraï se doit en toute occasion de renvoyer une image impeccable.

Le maître Gichin Funakoshi est considéré, au Japon, comme le fondateur du karaté moderne.

Il fut l’un des premiers à promouvoir cet art martial et fut choisi afin de représenter le karate-dō lors de la première démonstration nationale d’athlétisme à Tokyo en 1922, sur invitation de Jigorō Kanō, fondateur du judo.

Avant de s’éteindre en 1957, il forma de nombreux élèves : Obata, Okuyama, Harada, Hironishi, Takagi, Ohshima, Nakayama, Nishiyama, Kase, Egami…

Mais c’est son fils Yoshitaka qui fut à l’origine du style tel qu’on le connaît désormais. Ce style est considéré comme l’un des plus puissants. Les coups de poings sont directs, les coups de pieds bas et les katas sont longs (comme dans le Shorin Ryu dont il est issu, mais en moins puissant, du fait de la suppression du travail du bassin et des hanches dans les déplacements [réf. souhaitée]). Cependant une scission est apparue avec la JKA (Japan Karate Association) en raison de plusieurs désaccords notamment quant aux adaptations sportives liées au karaté de compétition que Funakoshi père exécrait.

On peut donc dire qu’il existe plusieurs courants Shōtōkan, le versant traditionnel étant représenté entre autres par Tsutomu Ohshima (la famille Funakoshi lui a d’ailleurs confié la traduction du 2e livre du maître, Karate-dō kyohan, où pour la deuxième fois, la « main chinoise » est devenue la « voie de la main vide », les idéogrammes japonais « chinois » et « vide » ayant la même prononciation. Il s’agit certainement du meilleur livre du maître, le plus complet, fruit de nombreuses recherches où il livra la version définitive de sa voie de la main vide) qui prône un karaté proche de Funakoshi père.

Ce courant également appelé Shōtōkan Ohshima est représenté en France depuis 1964 par l’organisation France Shotokan. Un autre Shōtōkan important est celui de sensei Taiji Kase (1929-2004), car même si ce dernier a été rattaché à la JKA et a entraîné de grands champions et, malgré certaines positions identiques au fils Yoshitaka, notamment le kiba-dachi très large (dur pour les genoux), il a fini par développer dans un esprit traditionnel son propre style représenté en France entre autres par l’organisation IEKS (Institut d’enseignement du karaté-do Shotokan Ryu Kase Ha).

Le Shōtōkan de Hirokazu Kanazawa est actuellement un des héritages les plus marquants de l’histoire du karaté dont le style est teinté de tai-chi-chuan que le maître a parallèlement étudié.

Les techniques du Shotokan sont caractérisées par des positions profondes et longues qui fournissent la stabilité, mouvements puissants et position renforçant les jambes. La force et la puissance sont souvent démontrées au moyen de mouvements plus lents et plus retenus. Les techniques de kumite reflètent ces positions et mouvements à un niveau moins élevé.

Goju-ryu

Style de karaté prenant son origine dans le Naha-Te (puis Shorei-ryu) d’Okinawa et fondé par Chojun Miyagi en 1926. C’est ce dernier qui concrétisa le passage du Naha-Te au Goju-Ryu et qui décida de l’appellation.

La véritable branche japonaise du Gôjû Ryû connut toutefois son essor avec un de ses élèves, Gogen Yamaguchi, un maître légendaire du karaté qui fût surnommé « le chat ».

Le renforcement musculaire et les exercices respiratoires y tiennent une part importante. Techniques mains ouvertes, luxations et postures hautes ( essentiellement le Sanchin Dachi ) sont ses principales caractéristiques.

Wado-ryu

Style japonais de Karaté créé en 1939 par Hironori Ohtsuka. Celui-ci était maître de ju-jitsu lorsqu’il découvrit le karaté sous la férule de Gichin Funakoshi. Il complètera quelques lacunes grâce à ses connaissances initiales et à la pratique du Shito-ryu afin de créer son style plus proche du Budo.

Ce style favorise la souplesse et la simplicité. Ses postures sont plus hautes, ses techniques plus enroulées et plus fluides.

Shito-ryu

Style de Karaté d’Okinawa créé en 1939 par Kenwa Mabuni. Le fondateur a été un élève brillant des 2 grands maîtres de l’île : Anko Itosu du Shuri-Te, et Kanryo Higashionna (ou Higaonna) du Naha-Te. Ce style possède officiellement 60 Katas.

Les déplacements sont basés sur les esquives pour sortir systématiquement de la ligne d’attaque de l’adversaire. La hauteur et la largeur des postures varient sans arrêt : Shiko Dachi, Sanchin Dachi, Neko Ashi Dachi… Les techniques sont courtes, enroulées, les bloquages sont puissants et on utilise fréquemment les saisies… Le placement des hanches est une donnée primordiale de ce style.

Kyokushinkai

Style créé en 1964 par Masutatsu Oyama à partir du Goju-ryu et de quelques éléments du Shotokan. Le karaté Kyokushin est basé sur le combat au contact.

La recherche de l’efficacité prime sur le reste. Le travail des katas, très proches de ceux du Goju-Ryu passe largement après le combat. Travail en ligne et enchaînements de coups de poings au corps sont privilégiés.

Uechi-ryu

Style de Karatedo Okinawaïen hérité de l’enseignement de Kanbun Uechi. Kanbun Uechi partit en Chine et fit la connaissance d’un maître chinois Zhou Zihe (Shu Shiwa en okinawaïen). Shu Shiwa, expert d’une école de boxe chinoise du nom de pangainon, va enseigner ce style à Kanbun pendant dix ans.

Le pangainon est basé sur les boxes du tigre, de la grue et du dragon. Son originalité est le travail main ouverte, les coups portés avec la pointe des orteils, des piques aux yeux, des blocages circulaires.

Le style associe l’attaque et la défense dans un même mouvement et favorise l’endurcissement du corps pour l’attaque et la défense, notamment lors du Katas Sanchin

Shotokaï

Ce style se veut être le prolongement des recherches de Yoshitaka Funakoshi (Shotokan) et intègre des techniques et notions propres à l’aïkido afin de rendre la méthode davantage en rapport avec les traditions martiales japonaises (Budo).

Deux courants prédominent le shotokaï actuel, celui de Tetsuji Murakami (également subdivisé en plusieurs associations du fait de sa mort et de la dispersion de ses élèves : Kiseikai, Shotokaï Europe, Mushinkai…) et celui de Mitsusuke Harada.

Shorin-ryu

Le Shorin-ryu est l’un des styles de karaté d’Okinawa les plus anciens, qui tire ses racines du Shuri-Te. Son fondateur est Sokon Matsumura.

La spécificité du shorin-ryu réside dans la finesse et la maitrise des bloquages. Ce style met donc en avant la maitrise de la technique plutôt que la puissance. Le perfectionnement des techniques passe par un travail approfondi des kata.

Kobudo

Style utilisant les armes agraires, le terme recouvre toutes les pratiques d’armes associées aux arts martiaux japonais.

De nombreuses armes sont utilisées telles que le katana, le wakizashi, le bo, le jo, le nunchaku, le sai, le sansetsukon, …

Shinshokaï

Le Shinshokai est un style de karaté adapté aux moins valides. Il a été développé par Sensei Jacques Debatty (Belgique).

Il est le fruit d’années de pratique et de recherches avec des personnes ayant différents handicaps. Le karaté shinshokai vise à ce que chacun, quelles que soient ses difficultés, puisse les surmonter, être revalidé et pratiquer pleinement.

Art martial à part entière le shinshokai permet à chacun de développer son mental et son aptitude au combat de survie en s’imposant un handicap, par exemple, pratiquer le kihon, les katas ou encore le combat avec un bras dans le dos.

Tokitsu-Ryu Jiseidô

Le Jiseidô est une forme de combat à mains nues /(« kara-te » : main vide)/ de percussion dont le principal objectif est l’efficacité. Efficacité immédiate, qui trouve son expression dans les techniques de combat. Efficacité à long terme, ce qui signifie préserver et augmenter sa santé et son bien-être au fil du temps. Développée en plus de 30 ans d’études et de recherches menées par Kenji Tokitsu sensei, la méthode fait sienne le concept profondément ancré dans la culture orientale selon lequel corps et esprit forment une unité indissoluble.

Ce style de synthèse développe plus particulièrement une pratique de « l’art de la percussion à mains nues » par la fluidité, la continuité et la souplesse des mouvements corporels inspirées principalement des principes du TaiChi Chuan Martial et du Qi Gong (Kikô).

Pour plus d’infos : https://fr.wikipedia.org/wiki/Karaté